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Les hors-champs de l’art

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Introduction : Nicolas Roméas (directeur de Cassandre/Horschamp)

Fil d’Ariane : Valérie de Saint-Do (codirectrice de Cassandre/Horschamp)

1. Abris, asiles, chantiers…

1.1 CONTRAINTE OU THÉRAPIE ?

  • Contribution : Madeleine Abassade/Le nez dans le guidon
  • Actes du débat : Quelle place pour l’art dans le champ de la psychiatrie aujourd’hui ? Débat animé par Bruno Boussagol, avec Jean Oury (psychiatre, directeur de la clinique de La Borde), Marie Bonnafé (psychiatre-psychanalyste), Joël Aspar (directeur de l’Institut de Formation Soins Infirmiers, à La Verrière), Stéphane Gatti (réalisateur, La Parole errante).
  • Reportage : L’action culturelle à l’Institut Marcel Rivière.
    Sous l’égide de Madeleine Abassade, chargée de l’action culturelle, l’Institut Marcel Rivière de La Verrière accueille de multiples résidences d’artistes et actions menées avec les patients.

1.2 L’ART COMME DÉVOILEMENT ?

  • Contribution : Daniel Terrolle, sociologue/Sans domicile fixe

Maître de conférences au département de sociologie de Paris 8, Daniel Terrolle a publié plusieurs ouvrages et articles sur les sans-logis et la problématique de ce qu’on nomme l’« exclusion ».

  • Actes du débat : Comment la pratique de l’art permet-elle de transformer le regard porté sur des populations en difficultés, et celui qu’elles portent sur elle-mêmes ?
  • Reportage : Le Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers
    de Nanterre

Le CASH de Nanterre, relié à l’hôpital accueille des personnes en grande difficulté sociales. Philippe Guérin, metteur en scène, mène depuis des années avec elle un travail de création théâtrale.

  • Reportage : L’association Aujourd’hui ça s’appelle pas.

Bruno Boussagol, metteur en scène, intervient depuis 25 ans auprès d’enfants et adolescent autistes et psychotiques de la clinique de Ste-marie du Puy avec cette association. L’association a aujourd’hui cessé ses activités

1.3 FERMÉ/OUVERT : NOUVELLES TOPOGRAPHIES

  • Contribution : Olivier Couder/Hasardeuse rencontre
  • Actes du débat : Un resserrement de l’espace pour l’intervention artistique ?

Débat animé par Christopher Yggdre, fondateur de la coopérative Co-errances, avec Alain-Pierre Peyraud, psychiatre, élu à la Santé pour le Xe arrondissement de Paris, Manuella de Luca, psychiatre, Patrick Bouchain, architecte, Jean-Pierre Chrétien-Goni (metteur en scène intervenant au centre hospitalier de Ville-Evrard et à la maison d’arrêt de Fleury -Mérogis), Christian Sabas (fondateur de l’Atelier du Non-faire de l’Hôpital de Maison-Blanche), Olivier Couder (metteur en scène intervenant en centre d’aide par le travail).

  • Reportage : Le Festival Art et déchirure à Rouen
  • Reportage : L’Atelier du non-faire à Maison Blanche

Dans l’enceinte du centre hospitalier spécialisé de Maison-Blanche, Christian Sabas, musicien, a maintenu une enceinte de liberté où les personnes peuvent s’exprimer artistiquement hors de toute visée thérapeutique. Une expérience reconnue, mais menacée par le prochain déménagement le l’hôpital psychiatrique.

1.4 LE CORPS DANS CES LIEUX

  • Contribution : Joël Kerouanton (auteur et éducateur au Centre d’aide par le travail « Cecilia »)/Quel est ton rêve ?
  • Contribution : Alain Vasseur, Festival Itinéraires singuliers (Dijon), L’Art et l’expression contre l’exclusion
  • Actes du débat : Quelles expressions possibles du corps dans les lieux de l’enfermement ?
    Débat animé par Madeleine Abassade (chargée de l’action culturelle à l’Institut Marcel-Rivière, avec Pippo Delbono (metteur en scène), Valérie Uréa (réalisatrice du film Bruits blancs ), Bruno Boussagol (metteur en scène intervenant à l’Hôpital Ste-Marie du Puy), Michel Gérardin (chorégraphe intervenant à l’Hôpital Ste-Marie du Puy), William Petit (chorégraphe), intervenu notamment au 3bis F, lieu d’arts contemporains à l’Hopital Montperrin d’Aix-en-Provence.
  • Reportage : La F.E.R.M.E. du Vinatier (Lyon), Fondation pour l’étude et la recherche sur les mémoires et l’expression.
  • Reportage : Le 3 bis F à Aix en Provence

Un lieu d’art contemporain, autonome, au sein d’un établissement psychiatrique : c’est l’expérience menée par le 3 bis F d’Aix en Provence, qui invite des artistes à investir ce « lieu non thérapeutique » et qui mêle, dans les ateliers, un public extérieur aux patients de l’hôpital.
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  • Traces et tracés de Deligny, par Bertrand Ogilvie (psychanalyste)

2.Derrière les barreaux

2.1 TEMPS CHOISI, TEMPS SUBI ?

  • Contribution : Jean-Pierre Chrétien-Goni (metteur en scène, intervenant en prison et en milieu psychiatrique et professeur au Conservatoire national des Arts et métiers) : Artistes in extremis
  • Actes du débat : Temps vécu, temps subi en prison ?
    Débat avec Anne Toussaint (réalisatrice), Milko Paris (association Ban public), Jacques Miquel (Théâtre du FIL), Jean-Pierre Dufranc (chargé de l’action culturelle au SPIP de Fresnes)
  • Reportage : L’association Puls’Art

2.2 LES GESTES ENTRE LES MURS

  • Actes du débat : Comment appréhender un travail sur le corps et le geste dans le lieu du confinement et de l’enfermement ?

Débat avec Franck Esnée (chorégraphe), Jean-Pierre Chrétien-Goni (metteur en scène), Christian Jehanin (metteur en scène et directeur de l’École Départementale de Théâtre en Essonne), Gérard Lorcy (metteur en scène).

  • Reportage : le Théâtre du Fil

Le Théâtre du Fil intervient régulièrement depuis des années sur toutes sortes de terrains « sensibles : prisons, hôpitaux, banlieues…

2.3 UNE PRISON « DIFFÉRENTE » ?

  • Contribution : Philippe Ripoll, écrivain engagé dans des chantiers sociaux : Théâtre de la prison.
  • Actes du débat : Une prison « différente » ?

Avec Madeleine Abassade, Jean-Pierre Chrétien-Goni, Janusz Mrozowski (réalisateur), Anne Toussaint (réalisatrice, responsable d’un atelier à la Maison d’Arrêt de La Santé)

  • Reportage : La Maison de l’arbre, à Montreuil-sous-Bois : le lieu de La Parole errante.
  • Contribution : Jean-Jacques Hocquard, directeur de La Parole errante
  • Contribution : Armand Gatti : Je travaillerai à libérer la divinité.

Armand Gatti reste la figure emblématique d’un art politique en prise sur l’ensemble des zones en déshérence de notre société : du monde ouvrier la prison, de l’hôpital psychiatrique aux SDF.

Ressources et bibliographie.
Coordonnées des équipes et lieux abordés

Les hors-champs de l’art

 

Cet ouvrage fait suite à un important cycle de rencontres, temps artistiques, expositions, débats et projections intitulé « L’art en difficultés » organisé entre 2004 et 2006 au Couvent des Récollets à Paris, par Valérie de Saint-Do, Nicolas Roméas et l’équipe de Cassandre/Horschamp, avec notamment la complicité de Bruno Boussagol, Samuel Wahl, Madeleine Abassade et Olivier Perrot. Ce cycle qui a connu un grand succès public, réunissait, entre autres, des acteurs et témoins majeurs de ce qu’on a appelé la psychothérapie institutionnelle et de la psychanalyse comme Jean Oury, Marie Bonnafé, Bertrand Ogilvy, Alain-Pierre Peyraud, Manuela de Luca, et de nombreux artistes et acteurs culturels œuvrant dans les différents « territoires de la difficulté » comme Pippo Delbono, Christian Jehanin, Philippe Guérin (Cash de Nanterre), Jean-Jacques Hocquard (La Maison de l’arbre), Christian Sabas (atelier du non-faire), Stéphane Gatti, Jean-Pierre Chrétien Goni, Jacques Miquel (Théâtre du fil), Olivier Couder (Théâtre du Cristal), Anne Toussaint, Franck Esnée, Armand Gatti et bien d’autres….

En décembre 2004 Cassandre/Horschamp réunissait des professionnels de la culture et des chercheurs de haut-niveau au Couvent des Récollets sur le thème de l’art en milieux de relégation. La réflexion s’est poursuivie en 2005, avec une rencontre « Autour de Fernand Deligny » et en 2006 avec « Derrière les barreaux », deux jours de débats et projections consacrés à l’intervention artistique en milieu carcéral. Ce cycle très dense a permis d’explorer, par le débat et la découverte, ce qui se fait de plus sérieux dans le domaine de l’intervention artistique dans les lieux de relégation de notre société, particulièrement le monde carcéral, l’univers psychiatrique mais aussi les lieux d’accueil des « sans domicile fixe ».

Avec « Les hors-champs de l’art », l’équipe de Cassandre/Horschamp propose un outil précieux à l’usage des artistes, acteurs sociaux, soignants, éducateurs, ainsi que des étudiants et des chercheurs travaillant dans ces champs.

Il s’agit, en s’appuyant sur la substantifique moelle de ces rencontres, de publier un ouvrage de référence où figurent des réflexions de fond sur ces sujets, ainsi que plusieurs reportages effectués pour l’occasion par nos journalistes sur les équipes qui effectuent ce passionnant travail de passage entre les univers de l’art et les lieux que nous nommons de la « difficulté ».

Réflexions, actes des rencontres et reportages alternent, afin de ne pas séparer la réflexion théorique des expériences pratiques et leur confrontation.

– AGORA –
Textes de réflexion.
Les intervenants de la semaine « L’art en difficultés » apportent leur témoignage et leur réflexion sur l’approche historique de l’intervention artistique en psychiatrie, le rapport entre les approches artistique et thérapeutique, la place de l’artiste dans des institutions comme l’Hôpital ou la Prison, les modes de relations créés par l’art auprès
de populations en difficulté.

– DÉBATS –
Transcription des actes des trois cycles.
Loin d’un colloque classique, ces débats ont veillé à entretenir la vivacité des échanges et à privilégier la prise de parole de la salle, au cours de journées auxquelles assistaient nombre de personnes directement impliquées par les sujets traités (notamment des patients de l’Institut Marcel-Rivière et de l’Hôpital de Maison-Blanche). L’objet de cette partie « actes » a été, non de synthétiser les débats, mais d’en extraire les temps significatifs.

– EXPLORATION –
Reportages.
Reportages illustrés sur des équipes, des artistes et des lieux spécialisés : le Centre d’Accueil et de Soins Hospitalier de Nanterre, l’Institut Marcel-Rivière, le 3bis F d’Aix-en-Provence, le festival Itinéraires singuliers, la compagnie Aujourd’hui ça s’appelle pas, la Ferme du Vinatier, l’association Puls’art (avec le Centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis), etc.

Avec notamment les paroles et contributions de :
Armand Gatti (La Parole errante) ; Joël Kerouanton (auteur et éducateur au CAT« Cecilia »), Anne Toussaint (réalisatrice), Milko Paris (association Ban public), Jacques Miquel (Théâtre fu Fil), Jean-Pierre Dufranc (chargé de l’action culturelle au SPIP de Fresnes), Franck Esnée (danseur, travaille à la Maison d’arrêt de Besançon), Jean-Pierre Chrétien-Goni (metteur en scène, intervenant à Fleury-Mérogis), Philippe Ripoll (écrivain intervenant en prison), Bertrand Ogilvie (psychanalyste)…

Iconographie : Olivier Perrot (photographe plasticien), La Fabrique d’images (atelier mené par Jean-Christophe Bardot à l’Institut Marcel-Rivière), Sluban Klavdij (photographe qui a travaillé avec des jeunes détenus en France et en ex-URSS) et Olivier Pasquiers (Bar Floréal).

Une bibliographie et un annuaire des acteurs et des ressources complètent l’ouvrage et en font un formidable outil de travail pour tous ceux qui travaillent sur ces questions.

Extrait de l’introduction

Le travail d’équipe que nous menons depuis 1995 autour des relations entre les pratiques de l’art et les questions posées par la société contemporaine, nous a permis de faire se croiser différents parcours qui peuvent souvent demeurer parallèles. Et de tenter de les appréhender dans une vue d’ensemble, par rapport à une vision du monde et de son avenir.

Nous le faisons à notre mesure, hors de toute confusion ; dans le but, certes ambitieux, d’approfondir et d’élargir le regard que nos contemporains portent sur ce que l’on appelle « art ». Ce lieu symbolique mystérieux, presque impossible à définir, où semblent être portées jusqu’à nous des valeurs profondes et archaïques, essentielles à l’humanité.
C’est une démarche singulière, qui étonne parfois tant elle fait se rencontrer de domaines, d’équipes et de personnes qui évoluent la plupart du temps dans un champ et un milieu précis, délimité.

L’idée n’est évidemment pas d’inventer un « syncrétisme » artificiel, ni de tout mélanger dans tous les sens. Non.
Dans une période de notre histoire où une pensée utilitariste envahit les esprits de façon très inquiétante, une période où l’on considère de moins en moins la vraie fonction sociale de l’art – et, de façon générale, de tout ce qui appartient à la sphère du symbolique -, l’idée est d’en mettre en lumière un usage qui ne le cantonne ni au divertissement ni à une production de type commercial.

Il faut donc repartir des fondamentaux. Et revenir aux sources d’une pratique originellement collective, qui – comme dans d’autres domaines – à une forte tendance historique à s’individualiser, à se professionnaliser, à se « spécialiser » de façon excessive, et à ne plus nous offrir que deux possibilités : la production d’un côté, la consommation de l’autre.

Nicolas Roméas